L’aventure commence dès lors qu'on accepte de sortir de sa zone de confort...

Le lac Tekapo en Nouvelle-Zélande

Le lac Tekapo en Nouvelle-Zélande

samedi 24 février 2018

Réflexion sur les voyages au long cours

Par cet article, je souhaite participer à une réflexion plus vaste sur les voyages au long cours, qui peuvent revêtir différentes formes : on peut comme moi réaliser un tour du monde et visiter 20 pays en 24 mois, mais on peut aussi décider de voyager durant six mois ou un an dans un seul pays.

Ce tour du monde m'a permis de comprendre ce qu'est véritablement un voyage au long cours. J'avais déjà dans le passé effectué plusieurs superbes voyages de 4 semaines (4 fois en Inde, 2 fois au Népal, mais aussi en Indonésie, au Cambodge et à La Réunion/Ile Maurice), mais voyager durant 2 ans c'est une expérience d'une autre dimension dans laquelle le facteur temps change la donne.


Sommaire
  • C'est quoi, faire voyage au long cours ?
  • Les clichés du voyage au long cours
  • Les vertus du voyage au long cours
  • Le voyage au long cours, un voyage vers l’inconnu
  • Un voyage au long cours, un maximum de liberté et d’intensité
  • Le voyage au long cours, un parcours initiatique
  • Le voyage au long cours, une redécouverte des rapports humains
  • Quand les rencontres prennent le dessus sur les visites
  • Le voyage au long cours, une fuite de la réalité ?
  • De l’utilité du voyage au long cours
  • Dans un voyage au long cours, une routine et une lassitude peuvent s’installer
  • … et la fatigue aussi…
  • L’apprentissage de la lenteur : le slow travel
  • Le voyage au long cours change notre rapport au temps
  • Le voyage au long cours : et après ?
  • En conclusion...


  • C'est quoi, faire voyage au long cours ?

    Voyager au long cours, c’est :
    • Voyager plusieurs mois d'affilée sans rentrer chez soi
    • Sortir de la routine et prendre le temps de vivre
    • Dire adieu à ses habitudes et à ses repères, être face à soi-même et repousser chaque jour ses limites
    • Voir toutes ses affaires tenir dans un sac à dos pesant de 15 à 20kg et se sentir heureux de vivre sans superflu
    • Avoir un petit budget quotidien, sortir de cette société de consommation à outrance et ne pas s’en porter plus mal
    • Dormir dans des hôtels pas cher, souvent dans des dortoirs bruyants et sans intimité, se laver dans des douches à la propreté douteuse et s’accommoder de tout cela sans se poser de question
    • Passer de nombreuses nuits dans des trains ou des bus sans confort, être éreinté à l’arrivée mais se dire que l’aventure forme la jeunesse même si on n’est plus si jeune
    • S’ouvrir davantage sur les autres, faire tomber les barrières de l’individualisme et de l’intolérance
    • Aller quotidiennement à la rencontre de la générosité du monde, vivre de très beaux instants de vie avec des locaux et chaque jour se poser la question « est-ce que j’aurais fait ça chez moi avec des étrangers ? » et se dire que non
    • Revenir à l’essentiel et réaliser qu’on n’a jamais été aussi heureux qu’avec ce minimum vital
    • S’armer de patience, faire face aux imprévus, détecter les arnaques, s’adapter à toutes les situations
    • S’endormir heureux et avoir hâte d’être le lendemain
    • Se lever heureux et avoir hâte de commencer sa journée
    Bref, j’ai découvert que voyager au long cours était comme vivre un retour à l’essentiel et apprécier la vie dans tout ce qu’elle a de plus simple. C'est très bouddhiste tout ça finalement !... 😉

    Sur le plan émotionnel, dans un voyage au long cours il y a 4 phases que connaissent à peu près tous les voyageurs :


    Les clichés du voyage au long cours
    Un certain nombre de personnes s'imaginent que faire un tour du monde est synonyme de plages de sable blanc, de mer turquoise, de doigts de pieds en éventail avec un cigare dans une main et un verre de cocktail Pina Colada dans l'autre, de repos, bref de vacances loin du stress de la vie quotidienne. Ce n'est pas totalement faux, mais ce cliché est quand même très loin de la vérité. Un voyage au long cours est loin d’être aussi zen, il n’est pas tous les jours synonyme de vacances et de repos.
    Dans un bus local au Guatemala
    Voyager à long terme nécessite d’avoir un minimum de sens de l’organisation et de savoir faire face à de nombreux d’imprévus. Où aller ? Quelle direction prendre ? Par quel moyen de transport se déplacer ? Quel jour ? A quelle heure ? Où dormir ? Ah le train est annulé ? Ah les vols Bogota – Rio sont hors de prix car c’est la haute saison, du coup il faut que je creuse cette piste farfelue de descendre en bateau l’Amazonie ? Ah il y a un ouragan qui a dévasté les îles Vanuatu alors que je prévoyais d’y aller dans 2 mois ? Zut zut et zut ! Bon, zen soyons zen ! 😃
    Voyager longtemps c’est perdre ses repères et savoir s’adapter à toutes les situations. C’est bouger très régulièrement, changer de ville, de maison et d’amis tous les deux ou trois jours. C’est dormir dans un dortoir avec un voisin de chambrée qui réveillerait un sourd vu le niveau sonore de ses ronflements (vive les boules Quiès !). C’est dormir dans des lits inconfortables, aller dans des toilettes bizarres, se laver dans des douches pas forcément très propres, ni forcément très chaudes (sans parler du risque d'électrocution avec les douches de certaines auberges de jeunesse en Amérique du sud)… C'est aussi dépasser ses limites physiques et ses peurs pour gravir un sommet de plus de 6000 mètres.
    Au sommet du Huayna Potosí (6088 m) en Bolivie
    Voyager loin, c’est rencontrer des autochtones qui ne parlent ni votre langue, ni l’anglais et qui parfois vous voient comme un portefeuille ambulant (cf. ce que j’ai vécu à Cuba).
    Voyager longtemps, c’est passer un nombre incalculable d’heures dans les transports locaux, dans des vieux bus indiens ou laotiens au confort rudimentaire… Sans chauffage quand il fait froid, sans climatisation quand il fait chaud (ou au contraire avec tellement de climatisation qu’on en tombe malade, comme lors de mon trajet pour aller de la Bolivie au Pérou). Dans un autre genre, je vous recommande aussi de passer une nuit dans un bus sur les routes défoncées de Bolivie et vous verrez comme vous vous sentirez frais et reposé au petit matin… 😉 Comme l'écrit Nicolas Bouvier dans L'usage du monde, "On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait."

    Les vertus du voyage au long cours
    Je crois profondément aux vertus du voyage au long cours. Oui, je suis intimement persuadé que ce type de voyage peut constituer une étape vers la personne que l’on souhaite devenir. Car le voyage aide à nous libérer de nos illusions, de nos barrières, notamment la barrière de notre zone de confort qui restreint nos déplacements à notre univers connu. Aller vers l’inconnu, quitter provisoirement sa manière de vivre, mais aussi sa manière de penser, pour en découvrir de nouvelles : c’est sans doute l’une de plus grandes richesses du voyage. Le voyage au long cours nous donne l’opportunité, en quittant (en général provisoirement) le moule de la société, de reprendre le contrôle de sa vie au lieu de la subir. Et en voyage, on apprend à relativiser beaucoup de choses : sa vie, son histoire, ses tracas, ses besoins…


    Le voyage au long cours, un voyage vers l’inconnu
    Le voyage au long cours, c'est plus qu’une parenthèse dans notre vie quotidienne, c’est un acte qui nécessite de savoir oser aller vers l'inconnu (et tout d'abord le plus dur : savoir prendre la décision de partir) et regarder le monde avec d’autres yeux, sans certitudes et sans a priori. Cet acte prend sa source dans une volonté d’ouverture à d’autres gens, à d'autres modes de vie et à d’autres horizons. Chez moi, la décision de faire ce tour du monde c'est comme une petite graine que j'ai semé quand je suis parti étudier un an en Italie, puis la graine s'est endormie une quinzaine d'années, puis elle a commencé à germer lors de diverses rencontres que j'ai faites durant mes premiers grands voyages en sac à dos. Et ce, jusqu'à l'éclosion d'une fleur dénommée "Fred around the world" à l'automne 2013 (moment où j'ai pris la décision de faire ce tour du monde)... 😎


    Un voyage au long cours, un maximum de liberté et d’intensité
    Prendre une ou deux années sabbatiques pour voyager, c’est s’offrir une tranche de vie sans aucune contrainte (mis à part l’aspect financier, car si on ne fait pas attention le compte en banque peut rapidement se retrouver dans le rouge), c'est vivre une période où la vie est plus douce et plus simple, où on vit en fonction de ses envies et de ses rencontres. Cette aventure est exceptionnelle. Chaque instant de vie, que ce soit une belle rencontre ou une mini-galère, se transforme en souvenir. Durant ces deux années, j’ai vécu intensément chaque journée. C'était souvent grisant, avec ce sentiment de vivre un rêve mais... en vrai...😊


    Le voyage au long cours, un parcours initiatique
    Partir ailleurs pour quelque temps fait franchir des frontières bien plus importantes que les frontières géographiques.
    Sur l'île sacrée de Miyajima au Japon
    Car un voyage au long cours est aussi un parcours initiatique. On parle toujours des panoramas, des richesses culturelles et des gens qu’on rencontre, mais on évoque rarement ce voyage intérieur qui se trace en parallèle. Le voyage offre une autre dimension à notre vie, une dimension plus ample. Voyager permet de prendre du recul sur sa propre vie, de "redevenir vivant" par l’action et le mouvement. Voyager permet de profiter de l'instant présent, des plaisirs simples, et surtout des rencontres. Voyager est l’apprentissage d’une liberté à reconquérir, une révélation de ce qu’on est face à soi, face aux autres et face au temps, une découverte de ses désirs. Cela bouleverse notre quotidien et c’est pour cela que c’est aussi un voyage intérieur.


    Le voyage au long cours, une redécouverte des rapports humains
    Dans nos pays occidentaux, les valeurs économiques et matérielles ont pris le pas sur les valeurs humaines. Il n’y a qu’en quittant cette "vie normale" (selon nos standards de pays "riches") que l’on peut accéder à des approches plus humaines des gens.
    En Inde les visages sont très expressifs...
    Partir longtemps permet des détours vers d’autres horizons géographiques, spirituels et philosophiques, ça nous réveille de notre monde sécurisé, conditionné et édulcoré, ça nous fait prendre conscience de notre "formatage". Aller à la rencontre de l’autre nécessite une forme de retrait de soi, un oubli de sa propre culture, d’accepter que l’on ne sache pas tout, qu’il nous reste tant à apprendre, accepter cette position d’humilité, retrouver une curiosité bienveillante. Le voyage n’est donc pas un simple déplacement, il oblige à être attentif, ouvert, modeste et respectueux, sous peine de manquer l’échange humain.

    Quand les rencontres prennent le dessus sur les visites
    Lorsqu’on voyage sur une longue période, une certaine lassitude des visites touristiques peut s’installer : par exemple durant les derniers mois de mon périple (en Équateur et durant mon deuxième passage au Brésil), j’étais moins impressionné par les paysages mais du coup c’étaient les rencontres que je faisais qui devenaient la chose la plus importante pour moi : j’étais moins intéressé par le QUOI (les choses à voir ou à faire) que par le QUI (avec quels compagnons de voyage faire telle excursion ou telle activité). Autrement dit, l’aspect relationnel prenait peu à peu le dessus sur l’aspect exploration et découverte.
    Trek dans les Rocheuses canadiennes avec un sympathique québécois

    Le voyage au long cours, une fuite de la réalité ?
    Parmi les nombreuses personnes qui m'ont questionné avant mon départ sur mes motivations pour faire ce tour du monde, beaucoup m'ont mis en garde sur le fait que la quête de bonheur à travers le voyage ne doit pas être une fuite. Certes. Cependant, nous fuyons tous quelque chose, même dans notre quotidien : échapper à nos pensées par des programmes télé souvent abrutissants, fuir nos problèmes dans une addiction quelconque (alcool, chocolat noir, anti-dépresseurs…), fuir la confrontation avec nous-mêmes en remplissant notre agenda d’activités chronométrées qui nous font courir pendant nos loisirs autant que pour le travail, fuir notre solitude en s’entourant toujours de dizaines d’amis, ou tout simplement fuir les réflexions et les remises en questions de notre vie !…
    Sous un beau Bouddha, à Pune en Inde
    Alors oui, dans un voyage au long cours il y a souvent une dimension de "fuite" de quelque chose, donc il est important d'en avoir conscience et de l'accepter, mais il est indispensable que cette "fuite" ne soit pas l'unique motivation de notre départ, sinon gare aux désillusions ! Car lorsqu’on se déplace géographiquement, que ce soit pour un tour du monde ou pour s’expatrier, on emmène ses problèmes dans son sac à dos ou dans ses valises. Ils ne resteront pas en France...
    Et puis, pourquoi ne pas chercher "ailleurs" une opportunité de vivre plus intensément durant quelques mois ou quelques années en échappant à l’ordre routinier des choses ?… Vivre ailleurs, vivre autrement, c'est un moyen de se ressourcer, d’échapper à la répétition du train-train quotidien.
    Ce n’est pas parce que nous croyons innocemment que "c’est mieux ailleurs", c’est parce que nous savons que c’est "différent ailleurs" : certains aspects seront mieux, meilleurs, plus grands, plus sains, d’autres seront pires, plus sales, moins bien, moins beaux...
    Voyager peut également devenir une douce drogue dont il devient difficile de se passer (ce n’est pas mon cas mais beaucoup de mes amis voyageurs sont dans ce cas : à peine rentrés qu'ils ne songent qu'à repartir!). Il faut dire qu’on se sent tellement vivant, tellement entier, tellement soi… et même invincible parfois, une sensation grisante…


    De l’utilité du voyage au long cours
    Parfois, une question me dérange : celle de l’utilité des voyages. Un voyage au long cours devrait être utile. Avoir un but. Servir à quelque chose. Pour certains, cette notion rejoint la volonté de s’investir dans un projet local et faire du bénévolat, qui est certes une très belle façon d’aller à la rencontre d’un autre pays, d’une autre culture et d’une autre façon de vivre.
    Mais dans certains cas, cette logique de l’utilité est, à mon goût, poussée trop loin. Qu’y a-t-il derrière ? La peur du trou dans le CV ? La crainte d'être (mal) jugé ?
    Tout doit-il toujours avoir un sens, un but et une utilité ? Cette manière de réfléchir est à mon sens un des plus grands maux de l’adulte occidental. Nous avons perdu l’une des principales qualités de l’enfance : celle d’agir juste pour le plaisir. Sans autre raison que celle du cœur et de l’imagination. Jouer, perdre son temps, se réaliser dans ses passions, observer le monde avec une innocente gourmandise.
    Ce qui m’attriste plus que tout dans cette logique de l’utilité, c’est que bien souvent, le plaisir, l’épanouissement personnel et la quête de bonheur ne semblent pas être des arguments valables pour justifier ses choix, comme celui de voyager…


    Dans un voyage au long cours, une routine et une lassitude peuvent s’installer
    Le tourisme sur une très longue durée finit par lasser. Malgré l'excitation et la splendeur du voyage, il devient parfois difficile de faire et refaire son sac tous les 2-3 jours. Bouger devient une épreuve et on ne profite plus du voyage autant qu’au début. La lassitude se fait ressentir et on en a marre de se créer de nouveaux repères à chaque étape, car oui voyager c’est bien, mais chaque nouveau pays nécessite de nouveaux efforts d'adaptation : nouvelle langue, nouvelle monnaie, nouvelles coutumes, nouveau climat, nouvelle nourriture... 😧
    Et puis rencontrer sans cesse des nouveaux voyageurs, refaire le monde ensemble, partager quelques heures ou quelques jours et puis se dire au revoir en sachant qu'il y a 95% de chances qu'on ne se revoie jamais, c'est un peu usant, et alors on se dit "quel est le but de tout ça ?". 😒 Bref il y a des moments où on ne rêve que d’une chose : retrouver des habitudes, une routine. Une pause s’impose. Ne pas hésiter alors à se poser quelques jours dans un joli bungalow en bord de mer et buller tranquillement entre un bananier et un cocotier, un bon bouquin à la main. 😎 Lors d’un long voyage, il faut savoir ralentir dès que la lassitude de la route vous prend, et dans ce cas autant le faire dans un endroit agréable.


    … et la fatigue aussi…
    Tout comme la fatigue mentale peut s’accumuler, la fatigue physique aussi (chez certaines personnes mais pas trop chez moi). A changer tous les deux jours d’endroits et à dormir dans des bus, des trains, des dortoirs d'auberges de jeunesse bruyants et parfois inconfortables, les heures de sommeils viennent à manquer et la fatigue se fait ressentir. 😫 Il faut savoir s'écouter lorsque le corps commence à dire stop. C’est pour ça qu’il est important de s’octroyer de vraies vacances pendant cette période. Une pause farniente sur les plages thaïlandaises me paraît nécessaire quand on est en Asie, ça recharge bien les batteries ! Idem au Mexique, au Brésil ou en Colombie : la case "plages" est quasi obligatoire !... 😎
    Coucher de soleil sur une plage de l'île de Ko Pha Ngan en Thaïlande

    L’apprentissage de la lenteur : le slow travel
    Arrêter le temps et prendre son temps… Des notions qui semblent si compliquées dans nos vies sédentaires des pays occidentaux. L’agenda bien rempli, chaque minute s’intègre dans un planning savamment organisé. L’organisation, c’est la clé :  diviser chaque semaine en journées, chaque journée en heures, chaque heure en minutes… jusqu’à ne plus avoir une minute à soi. Les mois se suivent et se ressemblent, puis les années… que l’on laisse filer sans même s’en apercevoir. 😫 Et le voyage vient briser cette chaîne (surtout si on fait de l'auto-stop et qu'on dort chez l'habitant, deux façons de voyager lentement mais intensément). Le voyageur reprend alors possession du temps qui passe. 😎
    Balade à vélo en Chine du sud
    L’éloge de la lenteur ça signifie faire « moins mais mieux ». On prend conscience que « tout voir, tout faire » n’est pas une fin en soi et qu’il vaut mieux « voir moins mais voir mieux ». Les stops d’un ou deux jours se transforment alors en 3, 4 puis en 5 jours. Des pauses plus longues s’imposent naturellement, on apprend à voyager lentement, partager son temps entre la découverte et le repos, faire une balade à vélo quand c'est possible, participer à une retraite de méditation... L'énergie retrouvée, on ne voit plus le voyage comme avant… On fait plus attention à ses envies, on s’arrête et on ne culpabilise plus de ne rien faire ! Après quelques mois de route, on a vu du pays alors on voyage différemment.
    Méditation dans un monastère bouddhiste en Thaïlande
    Prendre le temps en voyage n'est pas une perte de temps, mais un enrichissement de chaque seconde.
    Il y a une analogie avec le domaine sportif : celui qui gagne la compétition n’est pas toujours celui qui s’évertue à s’entrainer chaque minute, mais plutôt celui qui saura lier phases de récupération et phases d’effort. Donc pour que le voyage soit réussi, la pause est une phase aussi importante que l’exploration.
    Comme l'écrit Nicolas Bouvier dans L'usage du monde, "Assez d'argent pour vivre neuf semaines. Ce n'est qu'une petite somme mais c'est beaucoup de temps. Nous nous refusons tous les luxes sauf le plus précieux : la lenteur." ou encore "Ici, prendre son temps est le meilleur moyen de n'en pas perdre.". Tout est dit.


    Le voyage au long cours change notre rapport au temps
    Le temps prend toute sa grandeur lors d’un voyage au long cours. Il s’étire, prend ses aises, s’étend jusqu’au bout de l’horizon. En voyage au long cours, les jours passent si vite et semblent si longs tout à la fois. Et il y a aussi ce paradoxe de se sentir en voyage depuis des mois alors que cela ne fait que deux semaines que l’on a quitté son pays ! J’ai connu cette sensation lors de ma traversée en train de la Sibérie.
    Chaque région/ville/pays que l’on quitte est comme un chapitre qui se termine pour laisser place à un nouveau, s’intégrant dans un livre qui se remplit sans fin…
    Souvent on prend plus facilement conscience du moment présent, et on réalise : "Oui, c’est vraiment moi qui vit tout ça ! Oui, j’y suis, ce n’est pas un rêve !… Waohhh…". 😃
    Le challenge, une fois rentré de voyage, est de parvenir à conserver ce nouveau rapport au temps, notamment pour vivre plus intensément les belles choses et ne plus perdre son temps pour les choses qui n’en valent pas la peine…😐


    Le voyage au long cours : et après ?
    Que se passe-t-il quand un long voyage est fini ? Le retour n’est-t’il qu’une pause entre deux explorations, entre deux départs ? Ou alors, comme c'est le cas pour moi, le voyage continue-t-il sous une autre forme, plus intérieure, faite de digestions de toutes ces images, de toutes ces rencontres, de toutes ces aventures vécues… des aventures trop intenses pour avoir pu être avalées et digérées directement ?... Ce qui est certain c'est qu'un voyage au long cours vous marque en profondeur et que votre vie d'après ne sera jamais exactement la même que celle que vous avez laissée au moment du départ... 😐 C'est ce que j'explique dans cet article.

    En conclusion…
    Cette réflexion sur les voyages au long cours s'inscrit dans le prolongement de 3 autres articles de réflexions que j'ai publiés après mon retour de voyage : Ce que m’a apporté mon tour du monde, Voyages, tourisme de masse et quête d’authenticité, Touriste, voyageur ou routard : quelles différences ? ainsi que de les pages Bilan et Questions - Réponses concernant mon tour du monde.


    1 commentaire:

    1. Belle conclusion,tu garderas de bons souvenirs passés, je te souhaite maintenant réussite dans ton travail avec les compétences que tu as déja et celles que tu vas développer, mais tu sais avec le temps puisque je suis a la retraite maintenant, je me dis que de temps perdu, grand regret ! on est dans un drôle de système ! A très bientôt peut être sur l'ardoise Monique théâtre Samy

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