L’aventure commence dès lors qu'on accepte de sortir de sa zone de confort...

Le lac Tekapo en Nouvelle-Zélande

Le lac Tekapo en Nouvelle-Zélande

Bilan

Voici le bilan provisoire de mon tour du monde. Je publierai courant 2018 un grand article sur le bilan de ce voyage, après avoir pris le temps de digérer tranquillement cette formidable aventure. Patience donc...


Lire aussi la partie "Questions sur le retour" de ma rubrique Questions-réponses, l'article Ce que m’a apporté mon tour du monde, l'article Bilan financier de mon tour du monde, l'article L’électronique en voyage... avec modération !, l'article Réflexion sur les voyages au long cours,  l'article Voyages, tourisme de masse et quête d’authenticité et l'article Touriste, voyageur ou routard : quelles différences ?.

Classement des pays visités
Difficile d’établir un tel classement. Car chaque voyageur a sa propre sensibilité, sa propre échelle de valeurs. Dans les critères de ce classement dominent les aspects humains (la richesse des relations humaines avec les habitants) par rapport à la richesse du patrimoine ou à la beauté de la nature. Cela reflète juste ma sensibilité du moment. Je suis conscient que certaines personnes vont hurler en voyant que tel pays est en queue de classement. Cela ne veut pas dire que je ne l’ai pas aimé, cela veut juste dire que je l’ai un peu moins aimé que les autres (à part Cuba qui m’a vraiment déçu). Précision : chaque critère est noté de zéro à dix. Oui ça fait très scolaire, je sais...     ;-)
Pour ceux qui souhaitent savoir pourquoi j'ai classé l'Inde en numéro 1, lire mon article à ce sujet.


En bref et en quelques chiffres...
2 ans. 731 jours de voyage, 24 mois à découvrir le monde, 24 mois de rencontres, de partages et d’enrichissement. 20 pays visités, 4 continents traversés, 20 trajets en avion, plusieurs centaines d’heures de bus et de trains (dont un trajet record de 31 heures de bus pour aller du Chili en Argentine !), une descente de l’Amazonie en bateau, des milliers d’heures de marche, quelques heures de scooter et de vélo, une vingtaine de trajets en auto-stop, 25% de mes nuits passées en hébergement gratuit chez l’habitant, 4 nuits en hamac, une bonne vingtaine de nuits passées dans des bus et dans des trains, 6088m d’altitude atteints en Bolivie (youpi !), 2 brevets de plongée (obtenus en Thaïlande et aux îles Andaman en Inde), 4 séjours spirituels (essentiellement pour faire de la méditation), 20 Go de photos (c’est relativement peu, mais je préfère la qualité à la quantité), 1 nuit passée sur un siège dans un aéroport d’Amérique centrale (San Salvador), quelques petites touristas sans gravité, 1 jambe qui a traversé un escalier pourri en bois, 1 petite entorse, beaucoup de nouilles instantanées et une quantité phénoménale de bananes avalées, 1 chapeau de randonnée volé (c’est très peu sur 2 ans !), 1 sac à dos perdu par une compagnie aérienne (mais retrouvé au bout de quelques jours !), 1 smartphone détruit par l’humidité de l’Amazonie, zéro journal télévisé français regardé pendant 2 ans (ça fait un bien fou de se déconnecter !) et de nombreux souvenirs inoubliables. L’impression d’avoir vécu 10 ans de ma vie en 24 mois, et surtout d’avoir rattrapé le temps perdu. L’impression d’avoir vécu dans la peau de quelqu’un d’autre, celle d’un globe-trotteur. L’impression d’avoir rajeuni de 10 ans aussi, du moins le temps de ce périple...

Combien de temps je suis resté dans chaque pays
Visiter 20 pays en 24 mois, ça fait un peu plus de 1 mois par pays en moyenne, mais dans le détail il y a eu 1 pays où j'ai passé 3 mois (l'Inde, forcément ! 😉), 2 pays où j'ai passé 2 mois (Nouvelle-Zélande et Colombie) et 2 pays où j'ai passé 1,5 mois (Chine et Brésil). Les 2 pays dans lesquels je suis resté le moins longtemps sont Cuba (2 semaines et demi) et les USA (2 semaines). Tous les autres pays j'y suis resté environ 1 mois.

Classement de mes 12 villes préférées
1. Auroville (Inde)  2. Auckland (Nouvelle-Zélande)  3. San Francisco (USA)  4. Québec (Canada)  5. Vladivostok (Russie)  6. Montréal (Canada)  7. Rio de Janeiro (Brésil)  8. Kyoto (Japon)  9. Valparaiso (Chili)  10. Carthagène des Indes (Colombie)  11. Buenos Aires (Argentine)  12. Cusco (Pérou)

Classement de mes 14 coins de nature préférés
1. Ubeng (province du Yunnan en Chine)  2. Lac Tekapo (Nouvelle-Zélande) ; 3. Gokarna (Inde) ; 4. Iles Andaman (Inde)  5. Glacier Perito Moreno (Argentine)  6. Chutes d'Iguazu (Brésil - Argentine)  7. Salar de Uyuni (Bolivie)  8. Trek du Copland Track (Nouvelle-Zélande)  9. Trek Iceline trail (Canada)  10. L'île d'Olkhon sur le lac Baïkal (Russie)  11. Ilha Grande et ses plages de rêve (Brésil)  12. Les plages d'Isla Mujeres (Mexique)  13. Le village de Jérico au milieu des montagnes (Colombie)  14. Les plages du parc Tayrona (Colombie)

Classement de mes 8 monuments préférés
1. La grande pyramide maya El Castillo de Chichén Itzá (Mexique)  2. L'ensemble des temples de Bagan (Birmanie)  3. Le Machu Pichu (Pérou)  4. La pagode Schwedagon de Yangon (Rangoon) en Birmanie  5. L'ensemble des temples de Kyoto (Japon) et en particulier le temple Tenryu-ji  6. L'ensemble des temples de Nara (Japon) et en particulier le temple Tōdai-ji  7. La Grande Muraille de Chine  8. Les ruines de la forteresse de Kuelap (Pérou)

Classement des pays où j'ai le mieux mangé
1. Pérou (en particulier la capitale Lima avec ses délicieux ceviche et autres plats de poissons et de fruits de mer)  2. Brésil (en particulier Sao Paulo et sa gastronomie internationale, notamment japonaise)  3. Thaïlande (j'adore les soupes avec du lait de coco)  4. Mexique (en particulier les tacos) en Birmanie  5. Argentine et Chili (en particulier la savoureuse viande de boeuf mangée en asado (barbecue) et les vins délicieux  6. Japon

L'endroit où j'ai eu le plus chaud
Je suis resté deux jours et demi à New Delhi (Inde) début mai 2015 et il a fait 41°C. C'était un vrai four, c'était irrespirable, d'autant plus pénible à vivre que l'air de cette mégapole est très pollué.

L'endroit où j'ai eu le plus froid
J'ai passé 4 nuits sous la tente avec un ami français lors de mon trek du Tour de l'Ausangate (Pérou). On a dormir plusieurs nuits à plus de 4000 mètres d'altitude en étant quasiment au pied de glaciers. En milieu de nuit la température descendait à 0°C (voire peut-être un peu en-dessous) car l'extérieur de la tente était gelé. Heureusement j'avais un sac à viande bien chaud en polaire pour doubler mon sac de couchage ainsi qu'un bonnet de laine, donc je n'ai pas vraiment souffert de ce froid.

L'endroit où je me suis senti le plus en sécurité
Le Japon et la Nouvelle-Zélande. Dans ces pays il ne peut rien vous arriver, en particulier au Japon qui est peut-être le pays le plus sûr au monde. Mais je dois quand même préciser que je me suis senti en bonne sécurité dans 90% des endroits où je suis allé, même en Amérique latine qui est pourtant un continent réputé dangereux.

L'endroit où je me suis senti le moins en sécurité
Je n'ai jamais vraiment eu très peur durant ce tour du monde, hormis deux fois :
- en Bolivie durant l'ascension finale de mon 6000 mètres, voir mon article ici.
- au Pérou durant mon trajet en bus sur la route qui relie Cajamarca à Chachapoyas (fragiles du cœur s’abstenir car les chauffeurs de bus conduisent à une vitesse folle sur cette « route de la mort » qui enchaîne les à-pics plus vertigineux les uns que les autres).
J'ajouterai que certaines parties du centre-ville de São Paulo (Brésil) sont peu rassurantes car on y croise de drôles de types aux mines patibulaires, de jour ça va encore, mais c'est surtout la nuit qu'il faut éviter d'y aller. Idem pour le centre-ville de Rio de Janeiro, il faut éviter de s'y promener la nuit.

Mon meilleur souvenir (et ma plus grosse frayeur)
C'est probablement mon arrivée au sommet du Huayna Potosí, une montagne en Bolivie qui culmine à 6 088 mètres d'altitude (soit 1 280m de plus que le Mont Blanc). J'étais seul avec mon guide qui, me sentant en très bonne forme, avait décidé de me faire emprunter une voie "plus engagée" (on dit comme ça dans le jargon de la montagne) que la voie normale qu'ont emprunté tous les autres grimpeurs de la journée. Résultat : j'ai eu la peur de ma vie face au précipice vertigineux, mais au final une immense fierté (et un gros soulagement !) quand je suis arrivé au sommet. Inoubliable mon premier 6000 ! 😎

Mon pire souvenir
Ce fut sans hésitation l'interrogatoire très agressif que m'a fait subir la douane américaine dans le train Montréal - New-York : les douaniers américains n'aiment pas les voyageurs en solo, surtout ceux qui ne rentrent pas "sagement" dans leur pays après leur séjour aux US... Moi qui déjà ne suis pas un grand fan des États-Unis, cela me donne encore moins l'envie d'y retourner... Lire le récit d'un autre voyageur qui a aussi eu ce "privilège" de connaître les douaniers américains...

Une belle leçon de sagesse en Chine
Lors de mon séjour en Chine, j'ai découvert la beauté époustouflante des montagnes du Yunnan, sur les contreforts de l’Himalaya, où j’ai notamment séjourné 3 jours à Yubeng, un charmant petit village tibétain proche de la frontière tibétaine (voir mon article ici). Et dans ce coin paumé j'ai pris une sacré leçon de sagesse. Un jour que j'étais parti en randonnée avec deux touristes chinoises, je m'aperçois que la plus jeune des deux (qui devait avoir environ 25 ans) ne prenait aucune photo, alors que les paysages étaient à tomber par terre (voir mes photos ici). Je lui fis alors remarquer "mais pourquoi tu ne prends pas de photos ?" et elle me répondit de sa voix douce et calme "je n'ai pas besoin de prendre des photos, les photos je les prends avec mes yeux et avec mon coeur...". Je suis resté sans voix. Total respect comme on dit. Cette jeune chinoise venait de me démontrer que la présence à soi et la pleine conscience peuvent parfaitement remplacer nos technologies modernes, il suffit juste d'être relié avec soi-même, d'être connecté avec nos émotions...

Le message le plus touchant que j'ai reçu durant mon voyage
J'aimerais vous faire partager ce message que m'a envoyé l'un de mes amis voyageurs et qui m'a beaucoup touché. J'étais en train de terminer mon tour du monde au Brésil, j'étais rempli de nostalgie à l'idée de terminer cette formidable aventure, et il m'a écrit ceci  : " Termine bien ce beau voyage. Profite de ces derniers instants et ne laisse pas de place à la nostalgie où à la tristesse. Je sais, c'est plus facile à écrire qu'à vivre... Tu vas tourner une page, mais ton livre en aura encore beaucoup d'autres à écrire, différentes, mais aussi denses. Tu vas vite te rendre compte que tes 2 années passées sur la route en appellent forcément d'autres. Tu finis un tour du monde, mais considère cette fin comme un début. Tu as vu des pays et des gens différents, tu as commencé à voir en toi. Mais le Tout n'est pas là. Tu viens d'ouvrir une porte. Le chemin reste devant. La route est longue. Avance, partage, vis, aime. Encore et toujours. " C'est beau, non ? 😊

Mon rapport à la société de consommation a évolué
L’un des enseignements concrets de ce voyage c’est qu’il est possible de vivre plus heureux avec moins. En effet, j’ai vécu durant les deux années de ce tour du monde avec le strict minimum et que cela ne m’a pas posé de problème. Maintenant j’ai donc du mal à comprendre les personnes qui passent leur temps libre dans les boutiques à faire du shopping et acheter un jean qu’ils ont déjà en cinq exemplaires. Et il y a aussi Noël... Cette fête symbolise à l’extrême les excès d’une société de consommation complètement vide de sens où il faut absolument consommer et acheter pour montrer aux gens qu’on les aime ! Les preuves d’amour se comptent en euros au pied du sapin… Ce voyage m'a confirmé que le secret du bonheur ce sont les liens sociaux et les rapports avec les gens et non les possessions matérielles…
Je ne suis pas du tout certain que cette société qui pousse à la surconsommation et à la satisfaction immédiate et impulsive de nos envies puisse mener au bonheur car il s’agit très souvent, selon moi, d’une compensation d’un vide existentiel et surtout affectif qui est le revers de la médaille de nos pays riches (j'ai compris que dans les pays occidentaux, la richesse matérielle vient combler la pauvreté existentielle et affective). Ceci dit, je peux comprendre qu'il soit nécessaire d’avoir un minimum de variété dans sa garde-robe notamment dans certains milieux professionnels où le code vestimentaire est important.
J'aime bien ces extraits de la chanson d’Alain Souchon « Foule sentimentale » au sujet de l’illusion de bonheur véhiculée par de la société de consommation :
"Oh la la la vie en rose
Le rose qu’on nous propose,
d’avoir des quantités de choses
qui donnent envie d’autres choses...
Allez on nous fait croire,
que le bonheur, c’est d’avoir,
d’en avoir plein nos armoires,
dérision de nous, dérisoire..."
"On a soif d'idéal,
attirés par les étoiles, les voiles,
que des choses pas commerciales..."
"On nous inflige,
des désirs qui nous affligent..."

Les aspirations contradictoires entre les voyageurs et les locaux
Bien des voyageurs partent sur les routes pour s’échapper d’une certaine société et de ses travers. Or, bien souvent, les locaux qu’on croise dans le voyage ne rêvent que de cette société (les pays riches, la société de consommation). Paradoxal, mais pas tant que ça : en effet, chacun a tendance à penser que l’herbe est plus verte ailleurs, c’est bien connu...

Le manque d’éducation de la grande majorité de la population
En voyageant, on se rend vite compte que la majorité de la population sur cette planète manque cruellement d’éducation. On peut l’observer dans plusieurs domaines : respect de l’environnement, place de la femme, incivilité sur la route, etc. Cependant cette éducation déficiente est souvent compensée par une richesse de relations humaines que nous avons malheureusement perdue dans nos pays riches (au profit du confort matériel).

Les rencontres, c’est le cœur du voyage !
Les belles rencontres, ce sont les moments qui restent gravés dans ma mémoire et dans mon cœur.
L’humain, c’est vraiment ce qui est prépondérant dans le voyage au long cours. Plus que les paysages ou certains sites majestueux, aussi beaux soient-il. Ces derniers arrivent souvent en deuxième position dans mes souvenirs, derrière les rencontres (avec les locaux ou avec d'autres voyageurs).

Les lieux les moins touristiques sont souvent des expériences très intenses
Dès qu'on sort des sentiers battus, on se rend compte que les locaux sont plus avenants envers l’étranger, le contact est plus facile. D’autre part, les relations avec les quelques voyageurs rencontrés seront aussi plus authentiques. Je l'ai par exemple vécu lors de ma descente de l'Amazone pendant 3 jours pour aller de Colombie au Brésil : en effet, ce n'est pas le touriste lambda qui accepte de sortir de sa zone de confort...

Un truc vraiment sympa qui me soit arrivé
J'ai très souvent logé gratuitement chez l'habitant, notamment grâce au Couchsurfing (réseau mondial d'hébergement gratuit des voyageurs chez l'habitant). Et 3 fois les personnes qui m'hébergeaient m'ont gentiment laissé les clés de leur appart sans me connaître (probablement mis en confiance par les nombreux commentaires positifs que j'ai sur mon profil Couchsurfing) : d'abord à Irkoutsk en Russie (une femme me laisse les clés de son bel appart bourgeois de centre-ville pendant plusieurs jours alors qu'elle doit se rendre en urgence visiter quelque temps un ami dans un hôpital en Thaïlande), puis à Pékin (un expat allemand me laisse plusieurs jours son appart alors qu'il doit rentrer quelque temps en Allemagne pour des raisons administratives) et enfin à San Francisco (la famille de République Dominicaine qui m'héberge une semaine me laisse les clés de la maison, un pass illimité transports en commun pour San Francisco, et m'autorise à emprunter leur petite voiture décapotable ! incroyable toute cette générosité ! une sacré claque !) 😃

Si j'avais su, je n'aurais pas...
Je n'aurais pas dû me laisser décourager par la météo incertaine et par une logistique un peu compliquée, qui m'ont fait renoncer à ce qui aurait peut-être pu être le plus beau trek de mon tour du monde : le fameux W de Torres del Paine en Patagonie chilienne... C'est mon seul vrai regret de ce tour du monde.

Le moment « Allo Houston, on a un problème » mais qui finit super bien
Tout est résumé dans cet article : Un début de tour du monde chaotique…


Ma plus grande peur maintenant ce serait quoi ?
Ce serait de finir ma vie avec un sentiment d’inachevé, de ne pas en avoir profité à fond. Donc je vais tout faire pour que ce scénario ne se produise pas. 😉

2 commentaires:

  1. Comme je partage ton analyse ! Même si je n'ai pas encore réalisé mon TDM, j'ai beaucoup voyagé et je suis 100% d'accord avec tes analyses sur nos sociétés de consommation !

    Bravo pour tout ce que tu as relaté dans ton blog

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  2. Fred Genial ton tom ton blog tes commentaires etc... !

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